Philippe Poutou révèle son plan d’action pour les animaux

Le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste a transmis aux ONG des éléments pour expliquer son engagement sur la condition animale et détailler certaines actions, notamment en vue de la sortie de l’élevage industriel.

« La campagne du Nouveau Parti Anticapitaliste est une campagne de rupture avec un système exploiteur (aussi bien des humain.es, de la nature mais aussi des animaux). Dans ce sens, le NPA ne souhaite pas se positionner sur les propositions qui s’inscrivent à l’intérieur de ce système et de ses institutions. Non pas que la question animale est une lutte au second plan qu’il s’agirait de régler à la fin du capitalisme, mais parce nous n’aspirons pas à exercer le pouvoir dans un système qui n’obéit qu’à des logiques de profit, et donc ne peut répondre aux besoins des populations (humaines ou animales), ni supprimer des systèmes de domination qui lui sont intrinsèques. Nous pensons au contraire qu’il est nécessaire de militer en faveur des animaux dès maintenant et d’obtenir des victoires qui améliorent directement leurs conditions de vies et d’existence. La protection animale est pour nous une question importante, sur laquelle il est nécessaire de s’engager aussi bien pour des enjeux éthiques, écologiques, anti-impérialistes mais aussi sanitaires.

L’approche écologiste et celle de la protection animale nous semblent insuffisantes pour répondre aux questions animalistes, c’est pourquoi nous préférons nous positionner en faveur de la reconnaissance de droits pour les animaux, car c’est la seule approche qui est en accord avec un projet de société de rupture.

À l’image du tournant amorcé par le mouvement écologiste et les rapports scientifiques des dernières années, nous tendons à reconnaître l’insoutenabilité de l’élevage et de la pêche au moins dans leurs fonctionnements actuels : destruction des paysages par l’utilisation toujours accrue de terre destinée aux céréales et légumineuses pour le bétail, destruction de la population et des habitats des poissons, émissions de gaz à effet de serre, perturbations des cycles de l’azote et prolifération d’algues vertes, nouvelles maladies et risque accru de zoonose… Pour des soucis de redistribution des richesses et de lutte contre l’impérialisme, nous pensons que l’élevage industriel doit être aboli puisqu’il accapare des terres et prive d’habitat des populations autochtones et animales aux quatre coins du monde.

Pour ce faire, notre plan d’action pour la sortie de l’élevage industriel est le suivant : 

  • Arrêt immédiat des subventions publiques aux élevages industriels
  • Annulation des dettes des éleveurs si passage au végétal
  • Plan de reformation des éleveurs avec continuité des salaires
  • Création d’un conseil autonome d’éthologues avec des délégué.es des structures de défense des animaux, indépendant des instances liées au ministère de l’agriculture
  • Mise en place de sanctuaires pour les animaux des élevages industriels

D’une façon plus générale, nous pensons que les animaux doivent avoir des droits spécifiques qui correspondent à leurs intérêts et besoins propres : le droit d’être dans un environnement qui répond à ses besoins, de la nourriture de qualité selon leur régime alimentaire, d’être soigné, le droit de ne pas appartenir à quelqu’un, de ne pas être tué, vendu, détenu. Ils ne peuvent donc être des divertissements : les animaux détenus dans les cirques, zoos et autres lieux de privation de liberté doivent être pris en charge pour être placés dans des environnements qui correspondent à leurs besoins physiologiques.

Concernant l’expérimentation, nous pensons que lorsque c’est possible, elle doit s’effectuer sur des personnes humaines consentantes. Les transports des animaux qui représentent un stress important, un manque d’accès à l’eau et à la nourriture ne doivent être autorisés que pour des petites distances (ce qui de fait rend impossible les importations et exportations d’animaux vivants). Pour des raisons écologiques et de santé publique, la chasse doit être interdite sur tout le territoire. La suppression des lobbys et groupes de pression faisant la promotion de ces pratiques meurtrières doit être une priorité.

Les animaux marins, qui sont les grands oubliés des luttes animalistes, ont pourtant eux aussi des besoins qu’il faut respecter. La pêche industrielle pose plusieurs soucis pour la biodiversité, les prises accidentelles de mammifères marins est, elle aussi, écologiquement insoutenable. L’arrêt des pires pratiques de pêche est une nécessité ainsi que l’arrêt immédiat de la pêche dans les zones où la reproduction des espèces est menacée. »